Quelle quantité de vitamine A faut-il par jour, et où la trouver ?

Mis à jour le 10 septembre 2026.

La vitamine A occupe une place particulière parmi les vitamines : elle est indispensable, et c’est l’une des rares dont un excès pose un problème réel. Les pages qui en parlent listent ses bienfaits et les aliments qui en contiennent, rarement les quantités, presque jamais les seuils au-delà desquels l’apport devient un risque.

Elle appartient au petit groupe des vitamines liposolubles, que l’organisme stocke au lieu d’éliminer. Cette particularité change tout : ce qui est pris en trop ne repart pas dans les urines le lendemain, il s’accumule dans le foie.

En bref

  • La référence est de 750 microgrammes d’équivalent rétinol par jour pour les hommes adultes et 650 pour les femmes.
  • La limite supérieure de sécurité est fixée à 3 000 microgrammes par jour chez l’adulte.
  • Des apports supérieurs à 1 500 microgrammes par jour augmentent le risque de fracture chez les femmes ménopausées.
  • 6 milligrammes de bêta-carotène ont la même activité que 1 milligramme de rétinol.
  • Le rétinol est exclusivement d’origine animale, les caroténoïdes proviennent des végétaux.

Quelle quantité de vitamine A faut-il par jour ?

Les références nutritionnelles françaises s’expriment en microgrammes d’équivalent rétinol, abrégé ER, une unité qui additionne le rétinol et l’apport converti des caroténoïdes.

Groupe Besoin moyen Référence Limite de sécurité
Hommes de 18 ans et plus 580 µg ER 750 µg ER 3 000 µg
Femmes de 18 ans et plus 490 µg ER 650 µg ER 3 000 µg
Femmes enceintes 540 µg ER 700 µg ER 3 000 µg

Chez les enfants, les anciennes valeurs allaient de 450 à 550 µg ER selon la classe d’âge. La référence adulte n’est donc pas très éloignée de celle d’un enfant, ce qui situe l’ordre de grandeur : la vitamine A se compte en microgrammes, pas en milligrammes, et les besoins quotidiens sont couverts par de petites quantités d’aliments concentrés.

Où se trouve-t-elle dans l’alimentation ?

Deux familles d’aliments apportent la vitamine A par deux voies différentes. Sous forme de rétinol et de ses dérivés, elle est présente de manière exclusive dans les produits d’origine animale, et ce sont les foies de poissons et d’animaux d’élevage qui affichent les teneurs les plus élevées.

Sous forme de caroténoïdes provitaminiques, essentiellement le bêta-carotène, elle vient des végétaux : patate douce, carotte, potiron, pissenlit, macédoine de légumes, persil et autres herbes aromatiques, laitue, épinard. Le bêta-carotène apporte en outre une activité antioxydante propre, distincte de son rôle de précurseur.

Comment se convertit le bêta-carotène en vitamine A ?

L activité vitaminique des caroténoïdes s’exprime par rapport à celle du rétinol, selon un système appelé équivalent rétinol. Chez l’homme, 6 milligrammes de bêta-carotène ont la même activité que 1 milligramme de rétinol.

Ce rapport de 6 pour 1 change la lecture des étiquettes et des tableaux de composition. Pour couvrir la référence d’une femme adulte, 650 µg ER, uniquement par du bêta-carotène, il faut en ingérer 3 900 µg, soit 3,9 milligrammes. Pour un homme, 750 µg ER demandent 4 500 µg de bêta-carotène.

La somme de la vitamine A préformée et de celle apportée par la conversion des caroténoïdes constitue l’apport de vitamine A totale. C est cette somme qui se compare aux références, jamais l’une des deux sources prise isolément.

À retenir : un régime sans produits animaux ne manque pas mécaniquement de vitamine A, mais il doit fournir six fois plus de bêta-carotène en masse que ce que la référence indique en équivalent rétinol. C est la conversion qui compte, pas la présence du nutriment.

À partir de quelle dose l’apport devient-il un risque ?

Deux seuils distincts existent, et les confondre conduit à des conclusions fausses. La limite supérieure de sécurité est fixée à 3 000 microgrammes par jour chez l’adulte, toutes sources confondues. Elle marque le niveau au-delà duquel un effet indésirable devient plausible.

Un second seuil, plus bas, concerne une population précise : des apports élevés, supérieurs à 1 500 microgrammes d’équivalent rétinol par jour, augmentent le risque de fracture chez les femmes ménopausées. Ce chiffre ne figure presque jamais dans les pages consacrées à la vitamine A, alors qu’il concerne un groupe nombreux et souvent consommateur de compléments.

Repère Valeur pour un adulte Rapport à la référence femme
Référence nutritionnelle femme 650 µg ER 1 fois
Seuil de risque de fracture après la ménopause 1 500 µg ER 2,3 fois
Limite supérieure de sécurité 3 000 µg 4,6 fois

Le calcul qui découle de ce tableau mérite d’être posé. Une alimentation qui couvre déjà la référence, additionnée d’un complément dosé à 800 µg, place la consommatrice à 1 450 µg par jour, soit 97 % du seuil de 1 500. La marge disparaît sans qu’aucune dose n’ait paru excessive prise isolément.

Qui est réellement exposé à un excès ?

Le risque ne vient pas de l’assiette ordinaire. Atteindre 3 000 microgrammes par jour avec des légumes est difficile, d’autant que la conversion du bêta-carotène est limitée par l’organisme lui-même. Les sources d’excès sont ailleurs : les compléments alimentaires, les aliments enrichis, et la consommation répétée de foie, dont les teneurs en rétinol sont de loin les plus élevées.

Trois situations méritent attention. Les femmes ménopausées, en raison du seuil de 1 500 microgrammes lié au risque de fracture. Les femmes enceintes, chez qui l’excès de vitamine A préformée pose un problème spécifique et pour qui la référence est fixée à 700 microgrammes. Les personnes qui cumulent plusieurs compléments sans additionner les doses, chacune paraissant raisonnable prise séparément.

Que provoque un apport insuffisant ?

La vitamine A intervient dans la vision, en particulier dans l’adaptation de l’œil à l’obscurité, dans le renouvellement des cellules de la peau et des muqueuses, et dans le fonctionnement des défenses de l’organisme. Un apport durablement insuffisant se manifeste d’abord sur ces trois terrains.

En France, la carence franche est rare dans la population générale, l’alimentation courante apportant du rétinol par les produits laitiers, les œufs et le beurre, et du bêta-carotène par les légumes colorés. Les situations à risque concernent les régimes très restrictifs, les troubles de l’absorption des graisses et certaines maladies digestives, la vitamine A étant liposoluble.

Ce que ces références ne disent pas

Une référence nutritionnelle est une valeur de population, calculée pour couvrir le besoin de la quasi-totalité d’un groupe. Elle ne dit pas ce dont une personne donnée a besoin, et un apport légèrement inférieur un jour donné n’a aucune conséquence : les réserves hépatiques de vitamine A se comptent en mois.

La limite de sécurité ne désigne pas davantage un seuil de toxicité immédiate. Elle marque le niveau au-delà duquel les données disponibles ne permettent plus de garantir l’absence d’effet indésirable sur le long terme. Dépasser 3 000 microgrammes un jour ne produit rien de particulier ; le faire tous les jours pendant des mois est une autre question.

Le cas particulier du foie

Les foies de poissons et d’animaux d’élevage affichent les teneurs en rétinol les plus élevées de tous les aliments. Cette concentration en fait la source la plus efficace pour couvrir la référence, et en même temps la seule qui expose à un dépassement par l’alimentation seule quand la consommation devient régulière.

La conduite raisonnable tient en une phrase : un plat de foie reste un aliment ordinaire, une consommation hebdomadaire répétée sur des mois mérite d’être mise en balance avec les autres apports, compléments compris. Cette recommandation vaut particulièrement pendant la grossesse.

Lire une étiquette de complément

Les emballages expriment la vitamine A de plusieurs façons, ce qui rend la comparaison difficile d’un produit à l’autre. Certains affichent des microgrammes d’équivalent rétinol, d’autres des unités internationales, d’autres encore mentionnent séparément le rétinol et le bêta-carotène.

Le repère à retenir est celui des références : 750 microgrammes d’équivalent rétinol pour un homme, 650 pour une femme, avec une limite de sécurité à 3 000. Tout produit doit être ramené à cette unité avant d’être comparé, et un pourcentage des apports de référence affiché sur la boîte se rapporte à une valeur européenne qui n’est pas toujours celle retenue en France.

Le calcul à faire est simple mais rarement fait : additionner ce qu’apportent tous les produits pris en même temps. Un complément multivitaminé, un produit pour la peau et une huile de foie de poisson contiennent chacun de la vitamine A, et leurs doses s’ajoutent à celle de l’alimentation.

Cette addition est la seule façon de savoir où l’on se situe par rapport aux 1 500 microgrammes associés au risque de fracture après la ménopause, et par rapport aux 3 000 de la limite de sécurité. Aucune boîte ne le fait à la place du consommateur.

Questions fréquentes

Faut-il prendre un complément de vitamine A ?

Pas en dehors d’une raison identifiée. L’alimentation courante couvre la référence, et le complément s’ajoute à un apport déjà présent, ce qui rapproche des seuils hauts sans bénéfice démontré.

Le bêta-carotène peut-il provoquer un excès ?

La conversion en rétinol est régulée par l’organisme, ce qui limite le risque par cette voie. Une consommation très élevée de carotène colore la peau en orangé, phénomène réversible et sans gravité, qui n’a rien à voir avec un excès de rétinol.

La cuisson détruit-elle la vitamine A ?

Elle est sensible à la lumière, à l’air et à la chaleur, ce qui entraîne des pertes variables selon le mode de préparation. Ces pertes ne remettent pas en cause l’intérêt des aliments concernés, dont les teneurs de départ sont élevées.

Combien de bêta-carotène pour remplacer 650 microgrammes de rétinol ?

3 900 microgrammes, soit 3,9 milligrammes, en appliquant le rapport officiel de 6 milligrammes de bêta-carotène pour 1 milligramme de rétinol.

Les enfants ont-ils les mêmes besoins ?

Non, leurs valeurs sont inférieures, les anciennes références allant de 450 à 550 microgrammes d’équivalent rétinol selon la classe d’âge. Les compléments destinés aux adultes ne leur conviennent donc pas.

Sources

Anses, page Vitamine A et caroténoïdes provitaminiques, rôle, sources alimentaires et repères d’apports : anses.fr/fr/content/vitamine-carotenoides-provitaminiques

Anses, références nutritionnelles en vitamines et minéraux, tableaux par groupe de population : anses.fr/fr/content/les-references-nutritionnelles-en-vitamines-et-mineraux

Cette page décrit ce qui est documenté. Elle ne pose aucun diagnostic et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien, notamment en cas de grossesse ou de traitement en cours.