Dormir 5 heures par nuit, est-ce suffisant pour un adulte ?
Par la rédaction · · 7 min de lecture

Réveil à six heures, coucher passé minuit, un café et la journée démarre : beaucoup d’adultes s’habituent à ne dormir que cinq heures sans vraiment s’en plaindre. Dormir 5 heures par nuit finit même par passer pour une marque de discipline ou un choix de vie. Entre l’habitude et le besoin réel, l’écart n’est pourtant pas toujours perceptible de l’intérieur, et certains signes que l’on attribue au caractère ou à l’âge ont parfois un autre point de départ.
En bref
- Non, 5 heures de sommeil ne suffisent pas à la plupart des adultes : Santé publique France recommande au moins 7 heures par nuit pour les 18-64 ans, et 7 à 8 heures à partir de 65 ans.
- Dormir moins de 6 heures est associé à un risque plus élevé d’obésité, de diabète de type 2, d’hypertension, de maladies cardiovasculaires et d’accidents.
- Le besoin varie d’une personne à l’autre et certaines se sentent reposées avec 5 heures, mais ce critère se vérifie à l’absence de somnolence dans la journée.
- Un score de 12 points ou plus au test d’Epworth, ou une insomnie qui s’installe, justifie d’en parler au médecin traitant.
Dormir 5 heures par nuit suffit-il à un adulte ?
Pour la plupart des adultes, non : la recommandation de Santé publique France est de 7 heures de sommeil au minimum entre 18 et 64 ans, pour protéger la santé. Avec 5 heures, on se place 2 heures sous ce seuil, soit près d’un tiers de nuit en moins.
En France, ce déficit n’est pas rare. Le baromètre 2024 donne un temps de sommeil moyen de 7 heures 32 minutes sur 24 heures chez les 18-79 ans, mais 21,5 % des adultes sont des « courts dormeurs », c’est-à-dire dorment 6 heures ou moins. Les plus concernés sont les hommes et les personnes de 40 à 59 ans. Un tiers des adultes déclare par ailleurs une plainte d’insomnie, avec une proportion de 43,4 % chez les femmes de 70 à 79 ans.
Les données plus anciennes, de 2017, montrent un creux entre 45 et 54 ans, avec 6 heures 35 de sommeil en moyenne par 24 heures, d’après le dossier de l’Inserm sur le sommeil. La moyenne était alors de 6 heures 55, avec 6 heures 42 en semaine et 7 heures 26 le week-end, et 36 % des 18-75 ans dormaient moins de 6 heures.
Combien d’heures de sommeil faut-il selon l’âge ?
Le besoin diminue avec l’âge : de 14 à 17 heures par 24 heures pour un nouveau-né à 7 heures minimum pour un adulte. Le tableau reprend les repères officiels.
| Âge | Durée de sommeil recommandée par 24 heures |
|---|---|
| De la naissance à 3 mois | 14 à 17 heures |
| 4 à 11 mois | 12 à 16 heures |
| 1 à 2 ans | 11 à 14 heures |
| 3 à 5 ans | 10 à 13 heures |
| 6 à 13 ans | 9 à 11 heures |
| 14 à 17 ans (collège, lycée) | 9 à 10 heures |
| Étudiants et jeunes travailleurs | 8 à 9 heures |
| Adultes de 18 à 64 ans | 7 heures au minimum |
| 65 ans et plus | 7 à 8 heures |
Ces valeurs sont des repères et non des seuils individuels. Une page de Santé.fr rappelle qu’il n’existe pas de durée idéale universelle : pour un adulte, la durée moyenne se situe entre 7 et 10 heures par nuit, en 4 à 6 cycles d’environ 90 minutes. La qualité compte autant que la quantité, et les personnes âgées se couchent et se lèvent plus tôt et se réveillent davantage, ce qui n’est pas un trouble tant que la vie quotidienne n’en souffre pas.
Quels sont les effets d’un manque de sommeil chronique ?
Un manque de sommeil chronique entame d’abord la concentration, la mémoire et l’humeur, puis la santé physique. Les recommandations officielles citent une moindre concentration, une perte d’efficacité, une irritabilité accrue, et à terme des troubles anxieux ou dépressifs. Dormir moins de 6 ou 7 heures par nuit favorise la prise de poids, avec un risque d’obésité et de diabète, car le manque de sommeil augmente l’envie de gras et de sucré et diminue l’effet de l’insuline. Il favorise aussi l’hypertension et abaisse les défenses naturelles.
Le même dossier chiffre l’un de ces risques : des nuits de moins de 6 heures augmentent de 28 % le risque de diabète de type 2. Il note aussi que la dette de sommeil, c’est-à-dire au moins une heure de moins que son besoin, concerne 28 % de la population.
Une cohorte britannique de près de 7 000 adultes suivis pendant 25 ans (Whitehall II), analysée dans PLOS Medicine en octobre 2022, est plus précise sur les durées proches de 5 heures. Chez les personnes qui dormaient 5 heures ou moins à 50 ans, le risque de multimorbidité, c’est-à-dire d’avoir plusieurs maladies chroniques, était plus élevé d’environ 30 à 40 % selon l’âge, et le risque de décès d’environ 25 %. Il s’agit d’une association observée et non d’une preuve de cause, avec une durée de sommeil le plus souvent déclarée par les participants.
Existe-t-il de vrais courts dormeurs ?
Oui, le besoin de sommeil varie d’une personne à l’autre, et des facteurs génétiques sont évoqués. Santé.fr indique que certaines personnes se sentent reposées avec 5 heures de sommeil quand d’autres ont besoin de 10, et qu’un sommeil court peut suffire à condition de ne pas souffrir de somnolence dans la journée. Le dossier de l’Inserm évoque des petits dormeurs aux phases de sommeil léger très courtes, et le sommeil profond serait relativement constant quelle que soit la durée totale.
Cette exception ne se décrète pas. Dormir peu par contrainte d’emploi du temps n’est pas la même chose que dormir peu par besoin. La différence se lit dans l’état de la journée, pas dans la durée de la nuit. Il existe des courts et des longs dormeurs dès le plus jeune âge, avec une importante variabilité individuelle.
Comment savoir si 5 heures de sommeil vous suffisent ?
Le meilleur indicateur est la somnolence dans la journée, que l’on peut évaluer avec le test d’Epworth. Il note de 0 à 3 points la tendance à s’assoupir dans 8 situations de la vie courante (lecture, conversation, télévision, passager d’une voiture, etc.), et un score de 12 points ou plus justifie d’en parler avec son médecin traitant.
D’autres signes doivent alerter : difficulté à se concentrer, irritabilité, humeur basse, envie de gras et de sucré. Si le sommeil court s’accompagne de réveils nocturnes, l’article sur le réveil à 4 h du matin aide à situer la cause. Si la fatigue reste importante malgré des nuits de durée suffisante, un trouble du sommeil comme l’apnée peut être en cause, et l’article sur la mesure de la gravité d’une apnée du sommeil explique comment elle est évaluée.
Quand consulter, et quand appeler le 15 ?
Il faut en parler à son médecin traitant dès qu’un trouble du sommeil s’installe ou que la somnolence gêne la journée. Quand le manque de sommeil s’installe dans le temps, on parle d’insomnie : difficultés à s’endormir ou réveils nocturnes fréquents et prolongés, avec fatigue, irritabilité, troubles de l’humeur et somnolence. Certaines insomnies révèlent une douleur, une hypertension, un trouble hormonal ou une dépression. L’usage de somnifères se discute avec le médecin, car leurs effets indésirables augmentent avec l’âge.
Le manque de sommeil seul ne relève pas du 15. Mais comme il est associé à un risque cardiovasculaire accru, certains signes imposent d’appeler le 15 ou le 112 sans attendre : difficulté soudaine à parler ou à comprendre, paralysie ou engourdissement soudain d’un côté du visage, d’un bras ou d’une jambe, perte soudaine de la vue, perte d’équilibre ou mal de tête soudain et violent, qui peuvent signaler un accident vasculaire cérébral.
Questions fréquentes
Dormir davantage est-il toujours meilleur ?
Non. Un sommeil excessif est aussi néfaste qu’une dette de sommeil. Dans l’étude britannique, une durée de 9 heures ou plus n’était pas liée de façon solide aux maladies chroniques à 50 ans, mais l’était chez les personnes déjà malades, dont le long sommeil pourrait être une conséquence.
À quel âge dort-on le moins ?
Entre 45 et 54 ans, avec 6 heures 35 par 24 heures en 2017. Les 18-24 ans dormaient 7 heures 24 en moyenne, et les 65-75 ans 6 heures 58.
Le manque de sommeil fait-il grossir ?
Il favorise la prise de poids : l’envie de manger gras et sucré augmente, et l’insuline agit moins bien. Le dossier cite aussi une action sur les hormones de l’appétit.
Dort-on plus le week-end qu’en semaine ?
Oui : en 2017, les adultes dormaient 7 heures 26 le week-end contre 6 heures 42 en semaine. Cet écart de plus de 40 minutes traduit une semaine plus courte que le besoin.
Dormir peu, est-ce de l’insomnie ?
Pas forcément. L’insomnie se caractérise par des difficultés à s’endormir ou des réveils nocturnes fréquents et prolongés, avec fatigue et somnolence dans la journée. Se coucher tard par choix réduit la durée de sommeil sans relever de cette définition.
Sources
Sources consultées le 31 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Santé publique France, « Les enjeux de santé », rubrique Sommeil, santepubliquefrance.fr. Adresse : https://www.santepubliquefrance.fr/index.php/sommeil/les-enjeux-de-sante
- Santé publique France, « Sommeil : temps moyen sur 24 heures et plainte d’insomnie. Baromètre de Santé publique France : résultats de l’édition 2024 », publié le 11 décembre 2025. Adresse : https://invs.santepubliquefrance.fr/index.php/sommeil/rapportsynthese/sommeil-temps-moyen-sur-24-heures-et-plainte-dinsomnie-barometre-de-sante-publique-france-resultats
- Inserm, « Sommeil », dossier d’information, inserm.fr. Adresse : https://www.inserm.fr/dossier/sommeil/
- Inserm, « De courtes nuits de sommeil dès 50 ans augmenteraient le risque de développer plusieurs maladies chroniques », communiqué du 18 octobre 2022, presse.inserm.fr. Adresse : https://presse.inserm.fr/de-courtes-nuits-de-sommeil-des-50-ans-augmenteraient-le-risque-de-developper-plusieurs-maladies-chroniques/65741/
- Santé.fr, « Faut-il vraiment dormir 8 heures par nuit pour être en bonne santé ? », 3 mai 2023. Adresse : https://www.sante.fr/decryptage/nos-reponses/faut-il-vraiment-dormir-8-heures-par-nuit-pour-etre-en-bonne-sante
- Santé.fr, « Accident vasculaire cérébral (AVC) », information proposée par la Haute Autorité de Santé, 10 janvier 2024. Adresse : https://www.sante.fr/accident-vasculaire-cerebral-avc


